Temporaire ou permanente, l’expatriation est à la fois une expérience unique et enrichissante mais aussi un vrai défi émotionnel car elle demande à l’expatrié et à sa famille de s’ajuster au nouvel environnement. L’expatrié a le plus souvent envie de réussir son expatriation mais doit faire face au changement et à la perte de repères entrainant inévitablement une période de stress. Depuis plus de 30 ans, l’expatriation fait l’objet de recherche en psychologie. L’expatrié traverse un certain nombre d’étapes, qui sont aujourd’hui référencées par des spécialistes.
COURBE DES CHANGEMENTS ÉMOTIONNELS EN EXPATRIATION
La première phase est une phase de découverte, d’enthousiasme, de curiosité, un peu comme un rêve...
C’est une phase souvent bien vécue et positive parce qu’elle est le plus souvent choisie par l’expatrié lui même.
Assez rapidement, sous quelques jours ou quelques semaines, les difficultés peuvent apparaitre chez le conjoint ou les enfants dont les motivations ne sont pas tout a fait les mêmes que l’expatrié lui même.
La réalité ne correspond pas à ce que vous aviez imaginé et peut vous décevoir, vous pouvez vous sentir seule ou abandonné(e).
Vous devez faire un deuil, votre vie d’avant n’est plus et vous manque,
Cependant pour ne pas entacher l’enthousiasme, et par peur de ne pas être compris(e), vous gardez vos plaintes secrètement pour vous.
Pour certains, l’adaptation est plus fluide, d’autres peuvent vivre de véritables tremblement de terre émotionnels et des symptômes plus graves apparaissent :
troubles du sommeil
mal être, dépression, burn out
anxiété, angoisse, attaques de panique
perte de repères sociaux, phobies
changement de caractère
troubles psychosomatiques et des conduites addictives
Pour certains, l’adaptation est plus fluide, d’autres peuvent vivre de véritables tremblement de terre émotionnels et des symptômes plus graves apparaissent :
C’est à vous de décider si vous voulez prendre en main cette expatriation et en faire quelque chose de positif seul (e) ou avec l’aide de votre entourage ou d’un professionnel si besoin.
Si tel est le cas, vous entamez alors un processus de changement qui pourra vous conduire vers la phase d’adaptation et d’intégration : vous avez rassemblé vos forces et votre motivation. L’énergie revient. Vous commencez à vous sentir un peu chez vous, le quotidien est plus fluide. Vous avez pris vos marques et vos projets sont en route.
Progressivement vous vous ajustez au pays, vous vous sentez bien dans vos nouveaux projets et votre nouvel environnement culturel et social. Vous avez vos repères et pourrez enfin profitez de votre expatriation.
RéPONSE
La situation d'expatriation n'expose sans doute pas plus fréquemment aux traumatismes, mais elle prive des repères culturels, et d'une partie de l'entourage humain qui serait à même d'aider à surmonter l'épreuve et/ou d'alerter sur le développement d'un état psychique inhabituel.
Sans compter que le retour dans le pays d’origine représente aussi un nouveau défi et confronte les expatriés à de nouvelles source de stress (réintégration au sein de la cellule familiale et sociale pouvant s’avérer plus complexe qu’attendu, confrontation à un quotidien considéré comme banal, recherche d’un emploi et d’un logement, etc.).
De ce fait il est important de consulter aussi rapidement que possible un psychiatre ou psychologue de façon à évaluer la réaction initiale, et de dépister un éventuel syndrome post-traumatique débutant et commencer une prise en charge si nécessaire. La psychothérapie est indispensable, éventuellement aidée par des médicaments pour soulager les symptômes les plus perturbants.